Artistes de la scène
Pianistes
Traduction de ‘Why I study the Alexander Technique,’ de Kay S. Hooper
Dix ans de douleur. Dix ans de cortisone, de chiropratique et d’anti-inflammatoires. Dix ans de méga-doses d’aspirine, de glace, de chaleur et d’exercices. Dix ans passés à jouer et à enseigner le piano dans la douleur.
J’ai découvert la Technique Alexander dans ma boîte aux lettres. Une brochure décrivait les ateliers d’été du Westminster Choir College; il y en avait un sur la Technique Alexander. Mon mari m’a suggéré de m’y inscrire pour essayer et j’ai suivi son avis.
Dès le premier avant-midi de cet atelier d’une semaine, j’ai eu une révélation. Je me suis rendu compte que j’étais responsable de mon problème et que, par conséquent, je devais agir pour le résoudre. Seul mon coude droit était touché par la tendinite chronique, mais j’ai découvert que la solution englobait tout mon corps, tout mon « moi ».
La logique de cette démarche m’a été évidente dès le départ. Lorsque le professeur nous a expliqué le fonctionnement du squelette, c’est devenu encore plus clair. J’ai commencé à démystifier la douleur tenace qui avait défié mes professeurs et mes professionnels de la santé. Je la comprenais enfin d’un point de vue structurel.
Mais le plus important demeure que la Technique Alexander me donnait le pouvoir et la responsabilité de mes propres choix. Je n’avais jamais senti un toucher comme celui de la professeure; sa sagesse et son expertise allaient m’être d’une aide précieuse pendant de nombreuses années. Au fond, je constatais qu’elle me donnait la clé de l’accès à une plus grande responsabilisation personnelle. Le fait d’assumer la responsabilité de ma guérison m’a redonné l’énergie nécessaire pour me libérer de la douleur, ce qui, en prime, allait améliorer mon jeu au piano.
Cet atelier a été le premier d’une longue série. J’ai ainsi eu l’occasion de travailler avec divers professeurs et même d’aller à Londres. La douleur qui m’a accompagnée pendant si longtemps est pratiquement disparue. De plus, je sais maintenant quoi faire si je commence à ressentir un inconfort. Cette année, j’ai commencé à suivre la formation pour enseigner à mon tour la Technique Alexander, de sorte que je pourrai redonner à d’autres ce que j’ai reçu il y a plus de dix ans.
